Ce que change la sélection SQRI2 pour les fondateurs tech en 2026

Ce que change la sélection SQRI2 pour les fondateurs tech en 2026

Notes de terrain : le signal SQRI2 se précise

On suit le dossier depuis l'appel de propositions de l'été 2025, et le signal vient de se stabiliser. Le gouvernement du Québec a officiellement arrêté sa liste des 17 organismes d'incubation et d'accélération qui porteront la vision de la Stratégie québécoise de recherche et d'investissement en innovation (SQRI2) pour les deux prochaines années.

Pour nous, au labo, ce n'est pas juste une annonce budgétaire de plus. C'est une réécriture des règles du jeu pour l'écosystème startup. La SQRI2 prévoit un plan massif de 7,5 milliards de dollars sur cinq ans et vise notamment à réduire de moitié l'écart de productivité avec l'Ontario. En juin 2026, on voit enfin comment cette ambition se traduit concrètement dans les hubs où vous allez chercher du mentorat et du capital. On est curieux de voir si cette concentration de moyens va vraiment fluidifier le parcours des fondateurs, mais on reste vigilants sur la capacité réelle de ces structures à absorber cette nouvelle vague de pression sans diluer la qualité de l'accompagnement.

17 élus pour deux ans : qui sont-ils vraiment ?

Le ministère délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises a confirmé une enveloppe de 13,8 millions de dollars pour soutenir ces 17 structures. Ce financement provient de la mesure « Appuyer les incubateurs et les accélérateurs performants » de la SQRI2 ainsi que de la mesure « Soutenir la croissance et le maintien des entreprises au Québec » de la Stratégie québécoise des sciences de la vie (SQSV).

La sélection mélange des piliers historiques et des joueurs plus spécialisés. On y retrouve notamment l'ACET, District 3, l'Esplanade, le Centre d'entreprises et d'innovation de Montréal (CEIM), Garage & co, La base entrepreneuriale HEC Montréal, Le Camp, Zú, le Catalyseur tech santé (CTS), le Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB), l'Indie Asylum, Fintech Cadence, MT Lab, IVÉO, le Centre Dobson pour l'entrepreneuriat de McGill, Quantino et Entrepreneuriat ULaval. Comme indiqué dans le communiqué officiel cité plus haut, ces organisations ont été choisies au terme d'un processus rigoureux entamé il y a près d'un an.

Ce qu'on retient de cette liste, c'est une volonté claire de couvrir tout le spectre, de la biotechnologie à la créativité numérique, en passant par la fintech et l'innovation sociale. Pour un fondateur, le choix ne se limite plus à la proximité géographique, mais de plus en plus à la verticalité de son industrie.

Au-delà des chiffres : ce qu'on observe sur le terrain

Les chiffres avancés par le Magazine MCI sont impressionnants : ces 17 organismes accompagnent près de 1 000 jeunes entreprises innovantes. En moyenne, une startup reçoit 149 heures de coaching et de mentorat par année. C'est un investissement en temps considérable qui semble porter ses fruits, puisque ces entreprises auraient généré environ 550 millions de dollars d'investissements et autant en ventes dans la dernière année. Elles soutiennent également quelque 9 000 emplois dans des secteurs stratégiques pour l'économie québécoise.

Au labo, on a regardé de plus près la réaction des organismes. Le CEIM, par exemple, souligne que ce renouvellement de soutien est essentiel pour maintenir la qualité de l'accompagnement sur mesure. Mais attention : 149 heures par an, ça peut paraître beaucoup, mais quand on divise par les semaines d'opération, on parle d'environ 3 heures par semaine. Pour une startup de 1 à 15 employés, c'est un rythme exigeant qui demande une grande discipline interne pour ne pas transformer le coaching en simple bureaucratie.

Schéma de la situation : l'offre québécoise 2026

Pour votre startup : spécialisation ou proximité ?

Si vous dirigez une petite équipe tech, ce financement change votre processus de sélection. Avant, on choisissait souvent l'incubateur le plus proche ou celui lié à son université. Aujourd'hui, avec des joueurs comme Fintech Cadence ou le MT Lab (tourisme et culture) solidement financés, la question de la "verticalité" devient centrale. On sent que le gouvernement veut pousser les fondateurs vers des écosystèmes où les mentors parlent le même langage technique et d'affaires qu'eux.

On a remarqué que les startups qui réussissent le mieux dans ces programmes sont celles qui arrivent avec un besoin précis : accès à des données de santé pour le CTS, ou réseau d'investisseurs spécialisés en SaaS pour l'ACET. Le coaching de 149 heures n'a de valeur que si le mentor comprend réellement les frictions de votre marché. Si vous êtes dans le secteur manufacturier, un incubateur généraliste pourrait vous aider sur la structure, mais un pôle comme IVÉO (villes intelligentes et transport) vous ouvrira des portes que d'autres ne voient même pas. C'est ce qu'on appelle l'avantage de la spécialisation : moins de bruit, plus de signal.

Ce qu'il reste à surveiller en 2026

L'annonce est fraîche, mais les effets se feront sentir sur les cohortes de l'automne 2026 et de l'hiver 2027. On surveille particulièrement deux points qui nous semblent cruciaux pour la suite :

  1. La qualité du mentorat : Avec 1 000 entreprises à suivre, le bassin de mentors qualifiés au Québec va être sollicité comme jamais. On craint une certaine "fatigue du mentor" si les incitatifs ne suivent pas la charge de travail demandée par la stratégie.
  2. La mesure de performance : Le gouvernement parle de structures "performantes". On attend de voir si les critères de succès vont évoluer vers plus de revenus réels et de rentabilité ou rester sur des levées de fonds, souvent plus spectaculaires mais moins durables pour l'économie locale.

On espère aussi que cette concentration de moyens ne laissera pas les régions en reste, même si plusieurs pôles comme Le Camp à Québec ou l'ACET à Sherbrooke font partie des heureux élus.

Dernière mise à jour : 19 juin 2026.

Signaux à surveiller pour votre prochaine cohorte

Voici ce qu'on vous suggère de vérifier avant de postuler à l'un de ces 17 programmes :

  • L'adéquation sectorielle : Votre startup appartient-elle à l'une des niches protégées par la SQSV ou la SQRI2 ? Si oui, privilégiez les hubs spécialisés.
  • Le ratio mentor/startup : Demandez combien d'entreprises chaque coach suit simultanément. Un ratio trop élevé est souvent synonyme de conseils génériques.
  • L'historique de financement : Regardez si les diplômés récents de l'organisme ont réussi à lever du capital ou à générer des ventes au Québec.
  • La charge administrative : Assurez-vous que les 149 heures de coaching annuel ne se transforment pas en 149 heures de rapports gouvernementaux. Votre temps est précieux.
  • L'accès au réseau : Un bon incubateur doit vous donner accès à des clients potentiels, pas seulement à des consultants.